La biodiversité hier, aujourd'hui et demain.

Qui était Georges Durand ?

Un notable Vendéen

Georges Gabriel Héliodore DURAND est né le 3 octobre 1886 au Bourg-sous-la-Roche, commune alors indépendante de la Roche-sur-Yon, et y est décédé dans sa propriété le 16 novembre 1964. La propriété de Beautour est entrée dans la famille en 1841, date de la construction de la maison de maître qui subsiste aujourd’hui.

Enfant unique, Georges Durand effectue une brillante scolarité au lycée de la Roche-sur-Yon, et devint bachelier dès l’âge de seize ans. Il obtint le concours général en Allemand et s’orienta ensuite vers des études de droit. D’abord juge de paix, il fut maire de sa commune puis conseiller général de la Vendée.

Lorsqu’il succède à son père en 1913, Georges Durand hérite de dix-huit métairies et de nombreux biens familiaux qu’il doit à présent gérer. À une époque où les terres sont d’un bon rapport pour leurs propriétaires, ses ressources lui permettent de s’adonner entièrement à la passion qui l’anime depuis l’enfance : les sciences naturelles. Au fil des années, une véritable petite entreprise va se créer à ses côtés l’amenant à constituer d’impressionnantes collections ornithologiques, entomologiques et botaniques, collections largement reconnues par ses pairs.

Georges Durand Naturaliste et Notable de vendée (1886-1864)

Georges Durand (1886-1864)

Georges Durand et son équipe en mai 1962.

L'équipe de Georges Durand (mai 1962)

Une entreprise à taille humaine

Comme tout bon collectionneur, Georges Durand se constitue un réseau d’amis et de scientifiques qui contribuera à enrichir ses collections. Ces dernières n’auraient notamment pu être constituées sans le concours actif de ses domestiques, l’accompagnant dans ses excursions et participant eux-mêmes aux travaux de collectage, y compris la nuit pour la capture des papillons nocturnes.
Chacun d’entre eux se verra confier des missions particulières :

  • Armand Moreau, recruté en 1924, exercera les fonctions de préparateur et de chauffeur.
  • Paul Robin exercera le métier de taxidermiste. Il entrera au service de Georges Durand au début de la guerre de 1914 et naturalisera les spécimens capturés, donnés, vendus par des chasseurs ou achetés sur les marchés.
  • Alice Lorieux sera engagée la même année qu’Armand Moreau comme femme de chambre et cuisinière. Elle suivra Georges Durand dans ses moindres déplacements et participera à la préparation des plantes et des herbiers.
  • Alice Arrivé sera, quant à elle, engagée comme cuisinière, chargée du jardinage et participera aussi à la préparation des herbiers.

Un homme de réseaux

Georges Durand comprend très vite qu’il a besoin de s’appuyer sur des sociétés savantes pour progresser dans sa passion.
Dès l’âge de 18 ans, il devient membre de la Société Botanique des Deux-Sèvres qui deviendra par la suite la Société Botanique du Centre-Ouest. Celle-ci est connue pour être la plus importante société botanique après son aînée, la Société botanique de France. En 1906, il adhère à la Société des sciences naturelles de l’Ouest de la France. De 1941 à 1949, il sera président de la Société d’Émulation de la Vendée. Il entretiendra régulièrement des liens avec des scientifiques de plusieurs pays étrangers. En 1945, il deviendra correspondant du Muséum national d’histoire naturelle.

La volonté de transmettre

Georges Durand ouvre souvent sa propriété aux écoliers, son rêve étant de faire de son domaine un lieu d’accueil et d’échanges autour des sciences naturelles et c’est dans cet esprit, n’ayant pas de descendance, qu’il décide de léguer à sa mort une partie de sa fortune au Muséum national d’histoire naturelle. Le legs comprend le logis de Beautour, 5 fermes, des bois et un étang, le tout formant un ensemble de 220 hectares. À cela s’ajoute un patrimoine scientifique remarquable : 2 herbiers dont celui de son ami botaniste Joseph Charrier (1879-1963), près de 4 000 oiseaux naturalisés et environ 150 000 insectes, dont de nombreux papillons et coléoptères.

Collections scientifiques

Les collections de Georges Durand, propriétés du Muséum depuis 1964, ainsi que ses archives personnelles sont aujourd’hui conservées à la Conservation départementale des Musées de Vendée et ses archives aux Archives départementales de la Vendée. Après plus de 30 ans de mobilisation pour sauver et valoriser ce patrimoine scientifique, c’est en 2019 que l’Association Georges Durand Beautour s’est vue confier par La Roche-sur-Yon Agglomération, la mission de coordonner le référencement et la numérisation de ces collections.

C’est dans ce contexte que la commission « Collections scientifiques » a vu le jour à l’association. Elle a pour but d’assurer toutes les actions autour des collections à savoir :

  • Faciliter le dialogue entre le Muséum national d’histoire naturelle et la Conservation Départementale des musées de Vendée pour permettre la mise en valeur de l’œuvre et du patrimoine de Georges Durand, la première étape étant de faire connaître les collections et d’en assurer l’accès aux scientifiques et naturalistes, conformément au testament de Georges Durand.
  • Coordonner un inventaire complet des collections et rendre possible leur numérisation. Cette numérisation aurait un double avantage : diffuser les connaissances auprès du plus grand nombre, en tout lieu et en tout temps, et permettre une conservation pérenne des informations contenues dans les collections, ces dernières étant fragiles car soumises aux conditions atmosphériques (températures, hygrométrie etc.).
  • Organiser des évènements grand public (expositions, manifestations scientifiques etc.) et faire des collections un support privilégié de la culture scientifique, de l’enseignement et de la recherche, fondamentale comme appliquée.

Georges Durand au service de la biodiversité

Georges Durand (assis à droite) est tout autant un collectionneur, scientifique que défenseur de la biodiversité.

Il s’est notamment illustré pour ses engagements forts en faveur de la réglementation de la chasse et pour la protection des rapaces qu’il jugeait utiles à la régulation des populations de rongeurs. Au début du XXe siècle, c’est alors une position peu courante, même chez les naturalistes. Il a également contribué à la création de deux réserves naturelles en Vendée, celle de la Pointe d’Arçay et celle de Champclou à Olonne-sur-Mer.